Même si l’hiver est resté relativement doux, avec des températures minimales de -8° C, les jours de gel ont été nombreux en janvier et février (24 jours au total) puis en mars ce qui a favorisé un débourrement tardif fin avril. Ainsi tout risque de gelée printanière a pu être écarté.

Les conditions climatiques ont ensuite été conformes aux normales saisonnières avec des précipitations légèrement excessives permettant de compenser le léger déficit d’un hiver trop sec. La floraison est intervenue vers le 15 juin, soit une date conforme avec les standards habituels de la région…on avait presque oublié les conditions habituelles après plusieurs années trop précoces. Or il est bien connu que la vigne en Alsace a besoin de temps pour s’épanouir et pour conserver la vigueur que nous aimons retrouver dans nos vins. Par rapport à 2007, année la plus précoce de l’époque moderne en Alsace, la différence à la floraison était de 3 semaines.

En raison de températures fraîches au cours de la fleur, des phénomènes de coulure ont été constaté dans les principaux cépages, produisant du millerandage . Ce phénomène naturel permet d’obtenir des baies plus petites donc plus concentrées en arômes et en qualité. Après un été « frais » sans grosse chaleur, une bonne pluviométrie en août a permis une alimentation régulière de la vigne qui laisse augurer des vins équilibrés, avec une belle minéralité sans excès d’alcool et de sucre.

Les acidités constatées fin août étaient tout à fait exceptionnelles…digne du très grand millésime 1996 ! Or, on le sait bien en Alsace, l’acidité est un gage de fraîcheur qui permet une meilleure expression des arômes et une plus grande garde. Les premiers jours de septembre, pluvieux, ont commencé à alerter nos vignerons…heureusement le soleil s’est ensuite installé avec des matinées fraîches et ventées permettant de maintenir un état sanitaire satisfaisant.

A Ribeauvillé, les vendanges ont démarré le 17 septembre par les crémants qui titraient en cave un degré moyen de 10° ce qui est très honorable pour ces vins effervescents qui affichent déjà du corps, une belle nervosité et de la finesse.

Le 29 septembre, nos équipes de vendangeurs ont commencé à apporter les raisins de Pinot Blanc et Pinot Noir. Les arômes sont bien présents (fruits rouges pour le pinot noir, floraux pour le pinot blanc) avec du gras et une acidité marquée.

Le Riesling s’annonce de grande garde avec son acidité. Les raisins sont petits et dorés, les jus sont nets et riches.

Le Muscat, très bien trié, a macéré pendant une nuit pour extraire toute sa richesse aromatique. Un très beau Muscat issu de grains nobles a été vendangé le 7 octobre avec un degré naturel exceptionnel de 23° !

Le Pinot Gris a nécessité beaucoup d’attention mais la pourriture noble s’est installée apportant du gras et de la complexité aux cuvées.

Le Gewurztraminer s’annonce remarquable, avec de petits rendements, une grande concentration des arômes et l’installation de pourriture noble.

Le Grand Cru Gloeckelberg a été vendangé le 6 octobre en pinot gris et le 8 octobre en gewurztraminer avec des jus entre 16° et 17° de très grande richesse dans la lignée des grands millésimes 2002 et 2004.

Les autres Grands Crus, principalement le Riesling, profitent encore du soleil de l’automne. Les raisins mûrissent lentement dans des conditions idéales.

Le Clos du Zahnacker n’est pas en reste. Les 3 cépages (Riesling, Pinot Gris et Gewurztraminer) seront vendangés pour la première fois séparément afin d’obtenir une maturité optimale des raisins. Les grappes sont petites, saines et bien aérées avec des parfums délicieusement concentrés qui laisse augurer d’un grand vin.

L’été indien s’installe comme en 2007 avec des matinées brumeuses et fraîches, suivies d’un bel ensoleillement…propice à la cueillette de beaux raisins en vendange tardive et en grains nobles.