Avec ses yeux bleus pétillants et son sourire qui se découvre derrière sa moustache, Henri donne l’image d’un personnage franc, sincère, espiègle presque. « La vigne doit être mon reflet. Elle doit être d’un entretien exemplaire, généreuse (sans excès) et riante »…tout est dit. Pour Henri la vigne est plus qu’une passion, c’est le prolongement de sa personnalité, et il n’en manque pas ! C’est grâce à sa femme, Martine, qu’il découvre la viticulture. Elle hérite en effet du domaine de son père qui comprend 9.5 hectares de vignes sur Rodern principalement avec le pinot gris grand cru Gloeckelberg, le pinot noir de Rodern, le pinot gris Silberberg et le riesling de Rorschwihr notamment.

De 1983 à 1997, il apprend le métier de viticulteur avec des stages à Rouffach et à l’Institut Technique du Vin. Lorsque son beau père prend sa retraite en 1997, il décide de reprendre les rênes du domaine et d’en confier le suivi à la cave de Ribeauvillé comme c’est la tradition depuis plusieurs générations.

« Mon beau père m’a donné le virus…malheureusement il est décédé deux ans plus tard. Evelyne, l’œnologue de la cave, m’a vraiment appris ce que c’est que la vigne. J’ai compris que la vigne est vivante et qu’il faut lui accorder beaucoup d’attention. Ma belle mère est toujours là sur le domaine et m’apporte son expérience et sa connaissance de l’histoire de notre terre. Sous l’impulsion de la cave, notre vignoble a beaucoup progressé : extension de l’enherbement, travail du sol, limitation de l’utilisation des produits phytosanitaires pour travailler en lutte raisonnée, modification de la taille, suppression des engrais et de nombreux traitements, réduction des rendements. »

En 2004, Henri passe son 1er Degré du Diplôme de dégustateur pour mieux comprendre le vin et son terroir. Il aime aussi le contact avec les clients. Il est allé en Belgique, en Allemagne et partout en France pour faire la promotion des vins de la cave…toujours avec le sourire et un grand sens du professionnalisme. « Je suis présent environ 20 jours par an au caveau de dégustation. J’aime les gens, leur expliquer nos vins, leur donner envie de mieux les apprécier. Je suis fier du Pinot Gris Gloeckelberg qui s’affirme aujourd’hui parmi les plus grands vins de la cave. Le Pinot Noir de Rodern et de Saint Hippolyte ont aussi énormément progressé. C’est motivant de voir le résultat de notre travail dans la bouteille ! »

Ses 2 filles Laura et Estelle participent à la vie du domaine notamment en période de vendanges. « C’est moi qui donne les consignes aux vendangeurs, et ils savent que je suis intransigeant. Pas de pourriture ou de raisin vert dans les seaux ! ». Dans les vignes l’ambiance est bon enfant mais le travail doit être bien fait. A midi tout le monde est convié au repas champêtre et chaque année les mêmes habitués reviennent avec plaisir couper des raisins.

En dehors de la vigne, les loisirs sont rares : « La vigne nous occupe 6 jours voire 7 jours sur 7. Quand j’étais jeune, je jouais au foot avec Yves, l’actuel président de la cave. Puis j’ai entraîné et joué dans l’équipe de Rodern…et c’est comme çà que j’ai connu ma femme ! »

A 52 ans, Henri est encore jeune et voit l’avenir avec optimisme : « j’espère que l’une de mes filles reprendra l’exploitation…et que la réputation de la cave continuera à progresser pour valoriser le travail que nous faisons tous dans les vignes ».